FORMATION

DE LA THEATRALITE 

DE LA THEATRALITE

Du verbe grec theaomai qui signifie « regarder, contempler », origine du substantif

 « Theatron » (  θέατρον   ) qui désignait le lieu de représentation, puis, par métonymie  la représentation elle même.

Tout jardin peut être considéré comme un théâtre, un lieu ou il se passe quelquechose  que nous sommes invités à regarder. C’est ainsi que les paysagistes vont aménager un espace naturel pour en faire un objet de spectacle, ouvert  éventuellement à la promenade.

Le jardin de soin n’échappe pas à cette théâtralité, à ceci près, qu’il requiert la participation active des personnes qui s’y rassemblent et du lieu lui même, ou du génie qui l’habite, dans un but d’accompagnement thérapeutique.

Le décor, les accessoires, leur éclairage, donnent la première impression.

Les couleurs , les volumes, la lumière vont , plus ou moins être appelés à la rescousse.

Mais on peut aussi penser que s’agissant d’un lieu « réel », le temps et les éléments doivent prendre toute leur place dans cette composition, et cela de façon relativement autonome, naturelle.

Le metteur en scène/décorateur va donc s’effacer devant la vitalité mouvante des choses, se contentant de l’accompagner, de la partager.

Un bel exemple de   cette co-création se trouve à Port Royal des Champs, ou la place laissée à l’expression du naturel et presque du sauvage l’emporte  le plus souvent sur le calcul , l’ordonnancement et les effets du jardin à la Française.

Les binômes esthétiques ou émotionnels qui se proposent au créateur de jardin de soins  vont donc s’exprimer le plus souvent sous une forme paradoxale

 

Familiarité/surprise

Sécurité/évasion

Sauvage/rassurant

Lumineux/abrité

Productif/oisif

 

 

Sous le prétexte que ce jardin est destiné à des personnes malade, frappées de handicaps, affaiblies par le grand âge, il ne doit en aucun cas reproduire la théâtralité  médicale, ses décors ou ses ustensiles mais tout au contraire s’en éloigner de façon radicale. Toute symbolique du soin(du « soignage » ) doit être évacuée ou réduite à sa plus simple expression. Pas de tests d’effort ou d’équilibre, pas de matériel s’affichant « spécial handicapés », en revanche une adaptation réelle et pratique des chemins( substrats, largeur)  des hauteurs de culture( caisses, buttes) l’absence d’obstacles(murets, escaliers, la présence alternée de zones de repos, d’ombrages et  l’utilisation d’outils normaux et simples , à la forte symbolique jardinière :  bêches, râteaux, arrosoirs, brouettes. Jusqu’aux tabliers et chapeaux de soleil qui disent bien, à leur manière l’endroit ou l’on se trouve et le rôle qu’on y joue.

Le but recherché est en effet de créer un libre dialogue entre usagers et végétaux, hors de toute présence intempestive du médecin ou du paysagiste. Qu’ils ne se sentent pas exclus pour autant : c’est en donnant le maximum de puissance au Tiers Soignant qu’est le jardin, en laissant libre cours au désir de soigner de celui  ou celle qui sont habitués à recevoir des soins, que la thérapeutique mise en place  par les médecins , psychologues ou ergothérapeutes sera le mieux accompagnée . La proposition esthétique, mettre le beau et le bon  dans le « package » du soin trouve ici tout son sens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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