FORMATION

Initiation à l’hortithérapie. (ch.II)

FORMATION

Chapitre II

LA CONCEPTION D’UN JARDIN DE SOIN

Un jardin , c’est comme un enfant, comme une partie de notre vie

Cela se conçoit ( dans le plaisir si possible)

cela se met au monde( parfois dans la douleur)

cela s’élève( dans la patience et l’émerveillement)

 

La phase de CONCEPTION  met en relation deux personnes morales

Le maitre de l’ouvrage , qui possède en général autorité et moyens financiers.( Direction de  l’institution.)

Le maître d’œuvre supposé posséder un savoir faire  qui sera mis en application. On pense naturellement à un architecte, à un paysagiste. Je voudrais vous convaincre que l’hortithérapeute est parfaitement en mesure d’accepter une telle maitrise d’œuvre, quitte à en déléguer une partie, à s’entourer d’avis d’experts.

En effet, l’hortithérapeute incarne un troisième personnage, qui n’existe pas officiellement mais dont notre ami le paysagiste Régis Guignard, qui a accepté la lourde tâche de mettre en vert l’Hôpital Sainte Anne à Paris souhaite ardemment la reconnaissance : c’est le maître de l’usage. Celui ou celle qui va assurer la pérennité du projet, dans l’espace et dans le temps.

JP vous parlait  de triangle, ici il pourrait s’agir d’un cercle, d’une roue  qui serait mise en mouvement par l’effort conjugué de trois partenaires

Mon expérience

Un beau jour de 1997 ( cela peut vous arriver demain) le Pr. Basquin , chef du service de pédopsychiatrie à la Pitié me dit «  je vous donne un espace, là dans cette cour, faites y un atelier de jardinage pour les enfants »Me voici, avec mon complice François Guillot, infirmier psy, «  Maitresse d’œuvre » , ce qui veut dire que je dois à la fois envisager toutes les contraintes du lieu mais aussi de la pathologie de ces enfants autistes  ou psychotiques graves. Comment se procurer de la terre, un poste d’eau, des végétaux, une cabane et surtout comment répartir l’espace, qui doit être clos et protégé……..et tout cela avec un budget quasi nul.Je me suis rendu compte alors que si je n’avais pas déjà une vision de ce que serait l’activité de mon atelier potager fleur ( maitrise d’usage) j’aurais du mal à faire mon travail de maître d’œuvre et à coopérer avec le maître  d’ouvrageUne idée de ce que l’on veut  faire donc, qui nous servira de guide tout au long des étapes de préparation et de réalisation

 

La conception va donc se dérouler en deux grandes étapes

Ÿl’Enquête ou le recueil des données

 l’Esquisse accompagnée du descriptif et

du devis  calculé par  grands postes, accompagné d’un budget prévisionnel de fonctionnement (sur un an minimum)

1/l’Enquête

d’abord le terrain.

Exigence d’un Plan Masse avec une échelle et une orientation.

Je dois connaître la taille, la disposition, les niveaux, l’ensoleillement, la végétalisation déjà existante, la répartition du bâti et notamment ce qui est vu des fenêtres,  les issues et circulations, la viabilisation, eau, éclairage , réseaux.

 

La visite sur place, indispensable, avec boussole, mètre de maçon, carnet et appareil photo permet de confirmer ces données et de les préciser : environnement, qualité du sol,régime des vents, éléments sonores, oiseaux et insectes… Un catalogue raisonné des bio-indicateurs, voilà sans doute l’outil le plus sérieux d’une analyse de site, nous rappelle Gilles Clément.

 

Toutes ces indications  intégrées dans notre vision, reportées sur le plan masse vont  nous permettre de  nous  faire une première idée du jardin a venir, mais il y manque l’essentiel :

les futurs utilisateurs du jardin.

1/  les résidents.

Je dois connaître leur nombre (répartition sexes)

les fourchettes d’âge

la situation de famille

les pathologies

les milieux sociaux culturels

l’historique du séjour

 

Il n’est pas évident d’obtenir toutes ces infos.

Mon statut d’infirmière m’a beaucoup aidé  mais il faut parfois aller s’asseoir parmi eux, observer, deviner le tour que peut prendre la discussion , quels sont les « leaders d’opinion »( madame Rose, le Cow boy, Jean François  et Bruno,)

 

Percevoir le « désir de jardin »  ou au contraire « l’horreur du jardin » des uns et des autres, les fantasmes véhiculés par les plantes.

je dois également m’efforcer de mettre en place , dès la conception, une « démocratie participative »au jardin, qui pourra guider un certain nombre de choix. Cela n’est pas toujours facile car il faut à la fois concilier ceux qui aiment les roses et ceux qui aiment les choux, mais aussi faire un tri dans les « bonnes idée » des uns et des autres. Un jardin n’est pas un mille feuilles( !!!!!!!!!), la plage, le terrain de boules devront être placés ailleurs, les couleurs devront privilégier le naturel( végétaux, pelouses) ….et pourtant chacun devra y retrouver un peu de soi.

J’ai donc à faire à trois niveaux d’information

statistiques

 individuels et humains

 collectifs et sociologiques

 

2/ l’équipe soignante

Elle comprend les soignants proprement dits, médecins, infirmières, aides soignantes

Il faut bien sûr pouvoir s’appuyer sur la volonté du « patron », mais s’assurer que le projet est bien compris a tous les niveaux de l’institution ; les réticences de certain(e)s

vont parfois durer jusqu’à compromettre le projet ( histoire de Corentin Celton) ou à en rendre la pérennité difficile( ça donne trop de travail, ça ne sert à rien, et pire que tout, ça menace mon autorité)

En revanche on gagnera beaucoup à  engager dans le projet

les psychothérapeutes, psychomotriciens, ergothérapeutes.

exemples d’informations essentielles sur les handicaps cachés, fournies ou non, à la « maison des Aulnes », les déficiences visuelles, pas évidentes,  les syndromes d’agueusie (perte du goût) et d’anosmie( perte de l’odorat ) de certains résidents, ce qui évite la bévue   «  sens comme cela sent bon  «  ou goûte ce radis délicieux » !

ou alors  en tirer parti  avec humour!

Mais la véritable équipe ( maître d’usage) se constituera avec les éducateurs spécialisés et animateurs de vie. Il faut donc les rencontrer sans tarder. C’est avec eux que s’établira la grille d’activité, le suivi « temps ». Faute de professionnalisation existante, on se formera sur place. Enfin, toute institution a sa « Josiane », technicienne de surface qui sait tout, connaît tout le monde et dont le mari est jardinier !

Résidents et équipe soignante vont donc devoir coopérer à « l’imaginaire du jardin » que l’on retrouvera dans l’esquisse et le descriptif ;

mais il faut encore enquêter sur  un élément beaucoup moins neutre qu’on ne pourrait le croire :l’institution.

3/ l’institution

Le projet de jardin peut se situer au sein de l’hôpital,  avec sa structure imposante et complexe, avec aussi le risque de l’hyperjardin (voir texte, et sur le terrain Nancy ou projet Caen)

Il peut concerner un EHPAD de cent ou deux cents personnes,(Bagnolet, Bastille), une maison d’accueil médicalisée et ses cinquante résidents( maison des Aulnes)

Il peut même concerner une prison, un IMS, une école.

Outre la taille le statut légal, public/privé, le niveau de sécurité (psy fermé, accueil ouvert) va conditionner une partie des choix, notamment le rapport intérieur extérieur, si déterminant.

Le règlement intérieur et son cahier des charges doivent être pris en compte

La possibilité de négocier est faible, mais elle existe, il ne faut pas y renoncer , en s’appuyant sur les exigences intrinsèques du jardin de soin, qu’il nous faut, en quelque sorte  « sanctuariser » (voir le magnifique texte de Gilles Clément sur les jardins de résistance

exemples :

 bannir les pesticides, désherbants violents, type Roundup, ou insecticides(tueurs d’abeilles) épandus au abords du jardin,

modérer le tontes excessives (en garder les résidus pour paillage et compostage)

préserver des carrés consacrés aux »plantes indigènes »( ex « mauvaises herbes

éviter l’usage des soufflants pour ramasser les feuilles qui transforment en quelques années les sols en Sahel

éviter le « tout automatique » qui prive les résidents jardiniers du geste essentiel de l’arrosage « à demande »( qui permet de créer le lien de vie avec les plantes)

obtenir le droit de consommer les produits du jardin, de les cuisiner, de les conserver, de les offrir( familles, restau du coeur, banque alimentaire…)

 

Mais ce qui importe le plus, c’est de ne pas se  laisser entrainer  sur un projet trompeur. On n’est  pas là pour faire dans le massif, le mécanique, le chimique, ni le tape à l’œil décoratif, mais pour retrouver des gestes et induire des comportements qui sont source de mieux –être !

L’institution n’est pas l’ennemi, même si elle semble parfois difficile à gérer.

Elle a son ego, reflet des personnes qui la constitue, de l’époque dans laquelle nous vivons

A nous d’en découvrir le fonctionnement sachant son besoin de valorisation, son degré d’humanité et de générosité et de sensibilité au changement.

Combien ça coûte ? les différents aspects du financement

Les moyens financiers à mettre en œuvre vont évidemment intervenir dans les arbitrages qui figureront sur l’esquisse.

comment  établir le devis ?

Première approche  réaliste: à combien se monte l’enveloppe que l’institution réserve au projet.

A Granville, un chiffrage à 10.000€ pour l’aménagement d’un patio de 120m2  a semblé hors de portée.

A Chailles, les 30.000 € disponibles ont été  doublés par les paysagistes ; le projet est en panne.

Enfin à Caen plus de 500.000€ ont été recueillis pour un projet baptisé « océan vert » qui n’emporte pas la conviction.

 

Il faut obtenir une indication du maître de l’ouvrage : quel dépense pour quel résultat.

 A titre indicatif, le jardin de la maison des Aulnes a été réalisé pour environ 7000€, celui de La Pitié Sapêtrière  pour presque rien, celui de l’EHPAD Bastille pour moins de 50.000€ , celui de l’Höpital Louis  Mourier à Colombes, qui avait été chiffré à 40.000€ a été porté à 60.000par….la direction de l’Hôpital.

 

Le devis de conception est  sans engagement et peut donc évoluer.

Il est destiné

-à l’administration de tutelle, responsable du financement

-aux sponsors éventuels

– aux responsables locaux, régionaux  ou nationaux susceptibles d’abonder au financement

-aux associations de familles ou de solidarité

 

Il se compose des postes suivants :

a /aménagement de l’infrastructure

 terrassement,  voirie, plomberie , électricité, emplacements dédiés( compost, fruitiers)

 b/achat ou fabrication des équipements

la serre , la cabane , les pergolas et supports divers, bancs, surfaces de culture

 c/ achat d’outillage indispensable

brouette, arrosoirs, pelles , griffes, râteaux

 d/achat de végétaux et éventuellement coûts de plantation

 e/charges de conception (esquisse) et de fonctionnement sur un an

rémunération d’interventions extérieures, conseil et/ou animation

formation de personnel qualifié

  Nous pouvons donc passer maintenant à la réalisation du document qui sera la charte de notre projet, l’esquisse

L’ESQUISSE

 C’est le moyen de regrouper dans une projection graphique l’ensemble des choix auxquels on est parvenu au vu des éléments recueillis lors de l’enquête,  tenant compte des contraintes institutionnelles et financières et exprimant un  imaginaire partagé, susceptible d’engager plaisir de l’instant et pérennité du lieu.

 Cet imaginaire est fondé, ancré dans le réel, et son but est clair, soigner par le moyen des végétaux.

L’esquisse sera donc fondée sur :

la simplicité des lignes et des formes

l’intelligibilité du jardin dans son ensemble

la familiarité des lumières, des objets, créant une ambiance de sécurité

 

 

Faut il savoir dessiner pour réaliser cette esquisse ?

Cela ne nuit pas, mais on me dit qu’il y a aujourd’hui des bons logiciels de dessin, que personnellement je n’utilise pas, fidèle au papier calque et au crayon gras.

Enfin il n’est pas interdit de d’avoir recours à des gens dont c’est, après tout le métier. Mais il faut savoir, et c’est normal qu’ils émargeront au budget.

En tant que maître de l’usage, il vous revient de jouer le rôle central dans la conception du jardin, d’effectuer la synthèse  entre aujourd’hui et demain (le projet d’animation), de vous assurer de la crédibilité des entreprises, de leurs prix, en gardant  le sens d’une esthétique , dans les emplacements et dans les volumes  qui donneront sens et pouvoir, un charme( magique) au jardin .

A ce stade, pour nourrir votre inspiration la consultation d’ouvrages et de catalogues, la visite de lieux, l’échange sur internet avec des sites ou des blogs vous seront d’un grand secours.

 

 

 

Dans son contenu l’esquisse va définir

L’entrée au jardin

la circulation

le séjour

l’activité

 

L’entrée, c’est la transition du bâti au végétal, de l’intérieur à l’extérieur. Forte en motivation, elle est essentielle, car elle doit être à la fois

esthétiquement séduisante

agréable à emprunter

( porte de prison ou entrée d’usine : le jardin périclite)

Techniquement elle sera marqué par un repère végétal clair, protecteur(  pergola chemin fleuri) tenant compte des capacités de déplacement, fauteuil autonome ou accompagné, déambulateur, personne accompagnante, et ne pas présenter d’aspérité ou d’obstacle(type marche ou porte à battant)

si la superficie de l’espace dévolu au jardin le permet, ce dernier pourra être réparti en différentes fonctions, sans rien perdre de son unité.

Exemple

Le jardin d’accueil

Un espace végétalisé plus ouvert, près de la rue, de l’entrée principale du bâtiment qui pourra être ouvert en permanence, notamment à l’accueil des familles ou rassembler différentes personnes .

Le jardin de séjour

Un espace plus large, avec vue sur le ciel et le paysage environnant, sur des végétaux à floraison bien répartie,( garder la vision  du vivant rythmé)protégé du vent et offrant le choix entre ombrage et ensoleillement ou les résidents aimeront se tenir.

le jardin d’activité,c’est le cœur du jardin de soin

Aisé en circulation( places circulaires ou rectangulaires), Il peut comprendre trois types de surface cultivables

des caisses de culture servant au jardinage en carrés

des « planches » (plates-bandes) surélevées permettant le jardinage en lignes

des espaces de pleine terre pour plantation de petits fruitiers ou de fleurs à couper

un mobilier adéquat  complète le caractère de ce jardin

 

La serre, et éventuellement quelques châssis surélevés

la cabane ou l’on range les outils et l’équipement( bottes, chapeaux) munie de son récupérateur d’eau de pluie

une pergola permettant les moments de repos, la conversation ou la  consommation « test » de certains produits du potager( radis , concombres, tomates)

 

des bancs ou barre de soutien

 

une fontaine ou bassin

 

un emplacement pour le compostage

 

des végétaux choisis

 

Il combine légumes et fleurs, d’ou son nom d’atelier potager/fleurs

 

Il peut se prolonger dans un petit verger de fruits traditionnels, pommes, poires, cerises , prunes.

Le facteur temps doit être intégré à l’esquisse, notamment dans le calcul des espaces.

En effet le jardin , ou du moins les végétaux qui l’occupent, grandit et se développe avec le temps.

Belle leçon d’espoir : plus le jardin vieillit, plus il est beau !

Il nous survivra.

En revanche son temps de gestation est plus près de celui des éléphants(3ans) que de celui des humains.

exemple du quai Branly, (  4 ans de réserve avant l’ouverture) ou André Citroën, (2ans)

L’esquisse peut être accompagnée de photos, d’une vue google maps pour faire moderne, de scans de jardins existants trouvés dans des revues ou livres, d’extraits de catalogues de jardineries.

 Enfin l’esquisse doit être accompagnée d’un descriptif, qui lui utilise les mots pour donner la philosophie du projet, en préciser ou justifier les choix.

une vingtaine de ligne suffisent pour rappeler :

l’historique du projet et ses destinataires( utilisateurs)

 

Les grands choix de répartition de l’espace et des aménagements

 

le projet et la philosophie de l’animation

 

LA REALISATION

 

Nous voici sur le terrain, plans et esquisse en main et bottes aux  pieds, prêts à  tracer les grandes lignes de notre projet en grandeur réelle.

Là encore différentes étapes vont se succéder, avant que nous nous retrouvions tous au jardin, dans le bonheur partagé.

Avant d’aborder ces étapes, il nous aura peut être fallu collaborer à une opération qui n’est pas vraiment de notre ressort, mais plutôt de celui du maître de l’ouvrage, puisque notre rôle est de penser le jardin, de le dessiner, de le réaliser et de l’animer, il s’agit du financement de sa création.

C’est sans doute l’étape la plus difficile à franchir (sauf lorsqu’il s’agit d’une commande préfinancée)

La première source de financement demeure bien sûr l’institution elle même, hôpital ou maison d’accueil.

Il faut savoir que les hôpitaux ont souvent des partenariats avec des Fondations ( pièces jaunes…) désireuses d’améliorer les conditions des malades( comme ce fut le cas à Louis Mourier à Colombes) ou tout simplement d’intervenir dans l’aménagement.

Ainsi le budget considérable du projet « océan vert », qui s’auto qualifie de « jardin thérapeutique », mais qui  relève plutôt de l’architecture d’ambiance, puisqu’il se compose d’une séquence  d’impressions sensorielles dans une série de petites enceintes de béton, a-t-il pu recueillir les fonds suivants

MARS 2011 :

.      Carrefour 250.000€

  • Comité du Calvados de la Ligue Contre le Cancer 100.000€
  • Caisse régionale de Normandie du Crédit Agricole 60.000€
  • Fondation Bettencourt-Schueller 57.000€
  • Claude-Jean Investissement 40.000€
  • Particuliers (300 personnes) 38.700€
  • Associations bas-normandes 11.400€
  • Entreprises partenaires du Centre 3.200€
  • Collectivités locales 1.700€
    TOTAL = 562.000€

 

Notez bien le nom des participants, ils pourront être utiles

En réalité, un dixième de cette somme considérable suffirait à notre bonheur et à celui de nombre    de résidents d’EHPAD ou de maisons médicalisées.

Le recours aux Fondations peut donc se révéler utile.

Des projets équilibrés, comme celui de la Maison des Aulnes , nous ont permis d’établir, par exemple un partenariat sérieux avec la Fondation Georges Truffaut.

Les associations de familles peuvent  également être sollicitées

Les établissement  bancaires les plus généreux sont

Crédit agricole

Caisse d’Epargne

Banques Populaires

Enfin des Clubs de prestige, comme le Rotary ou le Lion’s disposent de fonds à cet usage.

Du coté des pouvoirs publics, s’il y a peu à attendre des fonds d’Etats, des fonds dépendant des conseil régionaux ou des conseils généraux pourront être mobilisés, ainsi que  le Fonds Social Européen qui dispose de représentations par régions.

Pas grand chose à attendre non plus de la part des « collecteurs de fonds » qui ne mettent à la disposition de projets qu’une partie assez limitée de ce qu’elle recueille auprès de propriétaires de jardins ouverts à la visite qui acceptent de leur verser le produit d’ une ou plusieurs  journées de recette. En revanche l’idée est à retenir et il peut être utile de contacter les propriétaires de châteaux, domaines et belles demeures de sa région.

Toutes ces démarches, tant auprès des pouvoirs public que des donateurs privés,   demandent un talent que nous n’avons pas forcement. Aussi convient il sur ce point de s’entourer de personne compétentes travaillant dans la banque ou dans l’administration régionale.

Il est en effet important  en effet de se tenir au courant des évolutions de chaque région. Existe-t-il  dans votre région des  contrats de pays* signés par des communautés de commune avec le  conseil régional ou le conseil général, ouvrant la possibilité de faire appel à des fonds provenant de l’Agence Régionale de Santé(ARS) ou à des fonds européens.

Il n’existe malheureusement pas, à notre connaissance, de plate forme d’information sur les sources et modalités de financement pour des jardins de soin et les associations qui ont pu tirer leur épingle du jeu se montrent assez peu partageuses en la matière.

Les différentes institutions de financement vous demanderons un descriptif clair, (objectifs, modalités) et chiffré, qu’il est important de rédiger dès que le projet est esquissé.

 

 

*  Les contrats de pays

  1. le cadre général

Contexte et objectif

A partir des orientations stratégiques de la charte, dont il est une déclinaison opérationnelle, le contrat est le fruit d’une rencontre entre la volonté locale de développement et la vision stratégique régionale.

Dans le prolongement de la négociation avec l’ensemble des partenaires financiers, le contrat se concrétise par la signature d’un contrat d’objectifs arrêtant :

 les objectifs quantitatifs de développement du territoire
la participation territoriale des partenaires pour la durée du contrat

Durée du contrat :

Le contrat s’exécute sur 3 ans.
Après évaluation, un nouveau contrat pourra être négocié.
Il s’appuiera sur un travail d’approfondissement de la charte permettant d’écrire de nouvelles politiques innovantes et adaptées au territoire.

L’organisation de la démarche : les partenaires

 La structure porteuse du pays chargée de l’animation et de la coordination générale de la démarche
Le Conseil de développement dont le rôle de proposition de veille et d’évaluation doit être renforcé
Le Comité de pilotage et de suivi local (C.P.S.L), associant élus, collectivités locales et représentants socioprofessionnels ( membres du conseil de développement) réunis pour élaborer, suivre et évaluer le programme d’actions pluriannuel
les représentants coordonnateurs, désignés par le Conseil Régional et le Conseil Economique et Social Régional, pour suivre la démarche

  1. Le contenu du contrat

Le programme d’actions :

Le programme d’actions pluriannuel se présente sous la forme d’un ensemble de fiches opérations relatives aux projets structurantsfinancés dans le cadre de la politique contractuelle de développement local.

Les projets relevant des lignes d’intervention classiquesde la Région ou d’autres partenaires financiers seront également identifiés dans le contrat. Dans ce cas, les montants et les modalités seront signalés pour mémoire, sous réserve de l’instruction de ces dossiers par les services compétents. L’intérêt de ce signalement pour le pays n’est pas de mobiliser des financements supplémentaires mais bien de démontrer la cohérence de ces actions de droit commun avec la démarche global du pays, et d’en faciliter le financement.

Les fiches actions figurant au contrat devront comporter :

  • la nature des maîtres d’ouvrage et bénéficiaires potentiels ou avérés
  • le contenu de l’opération (descriptif synthétique)
  • le coût et le plan de financement prévisionnel
  • la localisation et le calendrier (phasage de réalisation si plusieurs tranches)
  • une note argumentaire sur l’articulation du projet avec la stratégie du pays,
  • l’impact attendu et les indicateurs de suivi et d’évaluation

Modalités d’exécution

Le contrat fait l’objet de 3 programmations annuelles, arrêtées en Comité de pilotage et de suivi local.

Chaque programme annuel est négocié de préférence entre octobre de l’année précédente et février de l’année d’exécution afin que les maîtres d’ouvrage et les partenaires financiers puissent inscrire et programmer les crédits correspondants. Ces échéances respectent les contraintes budgétaires des partenaires.

L’engagement des crédits régionaux se fait sur les 3 exercices budgétaires suivant le contrat d’objectifs, après validation partenariale de la programmation annuelle et au fur et à mesure de la présentation des opérations.

Le programme annuel doit comprendre :
Un récapitulatif des opérations.
Une fiche détaillée par opération assortie de toutes les pièces justificatives disponibles (engagement du maître d’ouvrage, coût et plan de financement, descriptif et argumentaire du projet, impact attendu, indicateurs de suivi…) de nature à favoriser l’instruction rapide des projets retenus.

Dans le cas où des évolutions importantes seraient constatées dans la programmation annuelle, par rapport aux prévisions du contrat et pour tenir compte des contraintes budgétaires respectives, un avenant pourra être signé entre la Région et le territoire, après validation en Comité de pilotage et de suivi local.

Cet avenant actera globalement les abandons et les nouvelles opérations structurantes et innovantes issues de l’approfondissement de la charte et répondant aux nouvelles priorités d’intervention régionale. En outre, cet avenant pourra prendre en compte les projets retenus dans le cadre des appels à projets de l’Etat.

 

Une fois les sommes correspondant au devis prévisionnel rassemblées, nous allons pouvoir débuter

1/ l’aménagement des infrastructures

C’est l’affaire des entreprises, dans la conformité avec l’esquisse.

Pour leur indiquer le travail à faire un tracé au sol peut être nécessaire.( piquets, ficelles, bombes colorées) Il peut être effectué avec la participation des résidents et de l’équipe soignante

En règle générale, les entreprises connaissent leur métier et travaillent  « dans les règles de l’art »

Toutefois il est bon de connaître leurs réalisations et de s’assurer de leur compétence et de leur éventuel partenariat antérieur avec l’institution.( ex : maison des Aulnes)

Si le chantier est plus limité, on sollicitera les services généraux de l’institution (ex : Pitié Salpêtriere)

Le rapport direct avec les professionnel est souvent riche d’enseignements, il permet de préciser ses souhaits et de trouver des solutions pratiques ( ex : nous voulions une couleur claire, non réfléchissante, optimiste, tranchant avec le goudron noir pour le revêtement des voies de circulation dans le jardin. Nous l’avons trouvée en coopération avec l’entreprise)

 

a/ nivelage et stabilisation des voies et aires de séjour

Si nous sommes en terre riche, il nous faudra  décaisser profondément  sur tout le tracé, à 40cm au moins, 45cm c’est encore mieux, puis une couche épaisse de « tout venant » assurant le drainage, recouverte de grave de granulométrie de plus en plus fine. Un passage au rouleau donne une bonne compression , qui fait que l’eau de pluie ou les résidus d’arrosage ne stagnent pas mais au contraire participent au « durcissement » , nécessaire au confort des passages en fauteuil ou à pied.( voir l’excellente brochure  de la ville de Neuchatel(suisse) « la nature en ville »

On s’assurera :

-que les niveaux ne comportent pas de pentes excessives, mais respectent l’inclinaison nécessaire à l’écoulement des eaux pluviales, qui éventuellement devront être collectées

-que les chemins  respectent bien les cotes prévues 1,40 minimum de largeur, soit deux fauteuils se croisant ou deux personnes marchant de front.

-que les gainages nécessaires au passage des tuyaux d’eau ou des conduits électriques ont bien été faits

-que la terre végétale a bien été réservée pour remplir les caisses de culture et rehausser les planches

 

En la matière, le diable se cache toujours dans les détails et provoque des flaques ou des usures prématurées qui gênent la bonne circulation au jardin.

Le choix des substrats est essentiel !

En milieu très « urbanisé » on se résoudra à l’utilisation du béton, avec des réserves pour l’implantation des caisses de culture, plates-bandes et planches.

De préférence on choisira une grave fine et  relativement compacte

En revanche on évitera  pavés, dallages et graviers et toutes surfaces irrégulières ou agressive.

Si les fameux « parcours de santé »(artificiels) n’ont pas leur place au jardin, en revanche l’alternance sol stabilisé /pelouse/terre compactée fournit cette variété de substrat qui force à adapter sa démarche et son sens de l’équilibre.

Des points d’appui et de station pourront être répartis de façon naturelle facilitant le déplacement et la courte halte.

 

2/ les équipements

Abris, lieux de rangement, surfaces de culture et points d’eau ainsi que les pergolas,les bancs, le compost, ont été prévus par l’esquisse.

On procédera à un dernier « essayage » avant implantation définitive.

Les équipements choisis sur catalogue devront être montés, par des professionnels le cas échéant.

La serre

Indispensable dès que le jardin dépasse la dizaine de m2, elle abrite certains végétaux fragiles ou en germination avant plantation. Elle doit être suffisamment étendue et haute pour permettre  la présence de plusieurs personnes. Bien ventilée( parois relevables) pour ne pas atteindre des températures excessives, elle abrite jardiniers et végétaux de la pluie lors des « étés pourris » mais demande une surveillance constante de l’humidité du sol ou des caisses. Prévoir donc un arrosage régulier.

Je recommande les serres « Tonneau » adoptées par les professionnels fleurs et maraichage qui représentent un très  bon rapport qualité prix, une durabilité certaine et un procédé de montage relativement simple.

Plusieurs modéles ; on choisira celle qui convient , pas au-dessous de  8m2

On peut aussi se tourner vers des serres en polycarbonate sur armature métallique, plus chères mais plus chics !

Dans les deux cas il faut prévoir des surfaces de rangement pour le petit outillage, une surface de  travail(rempotage) et si possible un point d’eau.

Un coin sera réservé au stockage de terreau( 1 ou 2 sacs d’avance en permanence) et au rangement des graines( éventuellement celles que l’on a recueilli au jardin, soigneusement étiquetées variété et date)

La cabane

Si l’on dispose de peu d’espace, on peut remplacer la serre par une cabane permettant le rangement de outils, des arrosoirs et éventuellement des bottes et chapeaux.

Toujours très populaire auprès des enfants (rituel de l’ouverture)  avec toit et  gouttière permettant de recueillir l’eau de pluie dans un bac ou tonneau.

Modèles en grande surface ou jardineries à moins de 1000€

On peut aussi imaginer un ou deux châssis de germination surélevés, placés à 70cm et permettant les semis avant repiquage.

La Pergola

Structure en bois ou en métal, disponible en catalogues jardineries ou Unopiu, elle fournit un abri végétalisé( rosiers grimpants, clématites) pour une dizaine de personnes.

Ouverture Sud ou Sud Ouest, , si possible sur un paysage agréable et harmonieux, elle est le lieu de confort( sièges et tables), entièrement intégrée au jardin. Des écrans arriere et éventuellement latéraux (claustrats)pour éviter les courants d’air.

Les arceaux

marquant les  entrées ou passages, ils forment la transition fleurie.

structures en bois ou en métal en jardinerie ou chez Unopiu.

Doivent être solidement fixés au sol.

Les postes d’eau

Peuvent servir de branchements pour tuyaux ou de postes de remplissages pour arrosoirs, donc à50cm au moins du sol. Ils peuvent aussi servir de lave mains, lave outils en fin d’atelier. Prévoir une évacuation.

Une fontaine, avec recyclage, ou un bassin , renforcent la présence de l’eau.

L’eau de pluie, recueillie, doit être recyclée si elle n’est pas utilisée.

Les surfaces de culture

Ce sont les bases horizontales de l’activité adaptée au jardin.

Tables ou fascines ?

Elles font l’objet d’une petite guerre de religion entre tables de culture qui s’allongent su plusieurs mètres de long, reposant sur des socles qui procurent un vide inesthétique , et caisses de culture ou fascines, en bois ou en tressage de noisetier, qui permettent la culture en carrés, sont plus esthétiques et permettent une meilleure  répartition des végétaux et des jardiniers.

Pour de multiples raisons, qui vont de la quantité de terre disponible à la préservation de « l’ambiance jardin », nous préférons les secondes.

 On les choisira dans les dimensions suivantes

1,20X1,20X 5O(ou60)

1,50X1,50X 50(ou60) qui servira de centre(axe) et accueillera diverses sortes d’aromatiques

doublées d’un voile de culture ou non, remplies d’un mélange terreau+terre végétale posé sur quelques cailloux, voire de petits blocs de polystyrène  favorisant le drainage,

elles permettent des choix thématiques, des débordements esthétiques et réjouissants

( les potirons viennent se poser sur le sol) des mélanges surprenants(tomates tuteurées et touffes de basilic)

Elles se gèrent à l’unité, protègent(+ou-) des contagions,.

Leur disposition « en mandala » doit respecter les principes de circulation établis.

Les planches surélevées

Les « planches » potagères, qui surélèvent la terre à 30 ou 40cm  sur une surface de 3mX1m permettent la culture en ligne( radis, poireaux, haricots verts, oignons). Elles sont simplement composées de bastaings solidement maintenus par des piquets de bois( ou de métal) pour ne pas céder sous le poids  de la terre qu’elles renferment.

On les passe au brou de noix pour éviter l’aspect trop « chantier » des bastaings.

 

Le compost

Un peu à l’écart, mais pas trop loin de la principale zone d’activité du jardin, on réservera un espace pour le compost.

Facilement accessible, on y dépose différents éléments susceptibles de se décomposer et de créer un terreau, indispensable pour le jardin. Déchets de tonte, feuilles mortes,  épluchures de légumes… et éventuellement fiente de poules, crottin. Aéré, retourné, arrosé si nécessaire. A coté, mais  séparément , on stockera le BRF obtenu par le broyage de branches et la paille .

La prairie fleurie

enfin des espaces seront réservés, après un binage  /griffage de surface à la « prairie fleurie » dont on trouve les mélanges de graines en jardinerie.

avantages :

C’est un lieu vivant

peu d’entretien( arrosages périodiques)

cela sent bon( mellifères)

c’est en changement permanent

les couleurs sont harmonieuses

 

L’inconvénient qui peut être opposé : cela attire les abeilles et les papillons, peut être tourné en avantage par la situation un peu à l’écart,  et le bénéfice qu’apportent les abeilles, pollinisatrices rigoureusement inoffensives et qui peuvent générer un « atelier ruche »

Enfin un espace sera protégé des tontes (une seule tonte est possible, à l’automne) pour servir de terrain d’aventure aux plantes indigènes(plantain, berces, orties) ou aux voyageuses qui choisiraient d’y faire halte. Elle servira de laboratoire d’herboristerie

 

Chemins et aires de culture seront bordées d’arbustes fruitiers tels que framboisiers, groseilliers, cassis, qui renforcent le dessin du jardin  et sont productifs ( atelier cueillette). Nous suggérerons des listes de végétaux dans la troisième partie, consacrée à l’animation

Enfin, essentiels, nous établirons la liste des outils indispensables au jardinage

 

1 réflexion au sujet de “Initiation à l’hortithérapie. (ch.II)”

  1. Bonjour
    Merci infiniment pour ce partage.
    Je dois concevoir un jardin dans mon département et après avoir lu votre article, vous m’avez donné de nouveaux outils.
    Je vous souhaite une belle journée
    Sabrina SERRES

    J’aime

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