Documents

Un Jardin de soins idéal

Peut-on être à la fois le jardinier et la plante ?Etre l’arbre et jouir de son ombre ?Comme un amant démiurgique qui se fond dans l’objet aimé.

Quelque part sous le soleil réside une grande force, qui se manifeste sans paroles, prête au partage, pour peu que nous soyons nous mêmes à l’écoute, regard et cœur ouverts. Au jardin, nous nous comportons le plus souvent comme de petits chefs, intervenant sans cesse, avides de résultats, ici les salades, là les cosmos ou les capucines. C’est normal, mais… il arrive que les pavots roses viennent balancer leurs tiges au milieu d’une planche de haricots, qu’un noyer sdf s’établisse en bordure d’une haie de thuyas, voire au beau milieu des bambous japonais (sassa tesselata).

Un rappel à l’humilité, vertu capitale du jardinier ?

Et si, au jardin, nous apprenions l’art du farniente ? Non pas en mimant, comme parfois le jardin anglais, un naturel soigneusement organisé, mais plus simplement en nous montrant plus attentifs, plus respectueux, plus coopératifs avec les choix, certains diront les hasards de la nature.Si au lieu d’éliminer d’un coup de bèche ou de serpe le végétal imprévu, nous prenions le temps d’écouter l’histoire qu’il veut nous conter ?

La graine est venue du vent, d’un petit animal ou de notre compost, porteur de trésors. Le grand cycle a ses raisons qui ne se révèlent que par bribes, pour nous faire réfléchir au jeu du temps, à l’atmosphère.A force d’urbaniser, de policer nos jardins nous en faisons le miroir de notre ego, sans surprise, sans âme.

L’esthétique qui en résulte est une chose, notre regard peut- ou pas- s’émerveiller d’une nature qui serait spontanément belle, par essence en quelque sorte, mais c’est surtout l’éthique qui peut s’en trouver chamboulée.

Les anciens taoïstes mettaient au-dessus de tout le Wuwei , que l’on traduit un peu vite par non agir, alors qu’il s’agit en réalité de la reconnaissance, voire de la contemplation de l’action de la non-action( Wei wuwei), cette capacité de capter de tout son être la grande force du vivant, sa sagesse, son indomptable liberté. Cette rencontre est comme un éveil.Restons modeste, point n’est besoin d’un parc immense, elle peut se manifester dans une fleur, une herbe dans la jardinière de notre terrasse.

La veinure d’un morceau de bois peut être le début d’un éclat de rire, la source d’une émotion poignante comme nous l’enseignent les sculptures de Wang Keping, ce sage observateur des forêts

 

 

 

 

 

 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s