Yogarden

Biophilie, jardinage et Yogarden.

Il arrive que, dans la quiétude d’un jardin, le monde entier nous apparaisse soudain clair, lumineux, amical, sensé. Ce n’est pas tant l’ordonnancement des massifs ou des plates bandes que les plantes elles même, arbres, buissons, fleurs et légumes qui concourent à ce moment de lucidité joyeuse.

Comme si l’histoire immémoriale du monde végétal et celle de notre courte vie se mettaient au diapason en nous révélant un ancien secret, en partageant sagesse et humour, en appréciant la caresse du vivant.

Ce bien être un peu fade, cette vertu apaisante et roborative que l’on reconnaît au jardin peut parfois se transformer en une sorte d’état second, ou plutôt d’état premier, transcendant le temps.

Pour nommer cet instant où le sourire des plantes nous remet au monde nous avons emprunté au vocabulaire du bouddhisme zen le mot satori.

Il désigne cet éclair dont parle François Cheng en termes très poétiques dans sa cinquième méditation sur la beauté   « lorsque devant une scène de la nature, un arbre qui fleurit, un oiseau qui s’envole en criant, un rayon de soleil ou de lune qui éclaire un moment de silence, soudain on passe de l’autre coté de la scène. On se trouve alors au delà de l’écran des phénomènes et l’on éprouve l’impression d’une présence qui va de soi, qui vient à a soi, entière, indivise, inexplicable, et cependant indéniable »*

Ce moment de don réciproque, cette capacité de communiquer avec l’univers entier, les maîtres spirituels, les mystiques, les écrivains et les poètes mais aussi les scientifiques,les médecins, les botanistes et anthropologues comme les simples jardiniers  ont tenté d’en témoigner.

La « biophilie », ce sentiment puissant d’appartenance à tout ce qui vit, et qu’ont exploré aussi bien le psychiatre Erich From que le biologiste Edgar O. Wilson est aujourd’hui reconnue comme une tendance profonde de notre présence au monde.

Découvrir cet amour du vivant, le cultiver, dispose d’un lieu particulier, le jardin.

Ici des pratiques de connivence, de soin sont l’activité de chaque jour

Elles affirment ainsi un cousinage au sein du vivant   qui demeure en dépit d’une distance  ou d’une rivalité que bizarrement nous appelons culturelle. Oubliant au passage que le véritable sens de ce mot culture (du latin colere)  signifie rapprocher, rendre hommage, célébrer un culte.  Ce qui prend une singulière dimension dans son composé horticulture ou agriculture.

Ces pratiques pourraient ainsi désigner le dialogue respectueux et intime que nous entretenons avec les fleurs , les champs et les bois, louant leur sagesse, proclamant un amour réciproque, magnifiant l’alliance au sein du vivant.

Elles ne se limitent pas à la plantation mécanique d’un arbre, au semis et au rempotage,mais s’accompagnent d’un travail d’ouverture , de conscience et de contemplation active.

Certains exercices très simples  peuvent être pratiqués quelques soient les handicaps qui peuvent affecter notre santé, quel que soit notre âge pour   rendre conscient ce bonheur d’être au jardin, de caresser la terre.

Nous en avons rassemblé quelques unes sous le nom de Yogarden, que nous vous proposons de découvrir lors de notre prochaine formation, les 28,29,30 et 31 Mai 2018 à Maule ou lors de journées spécifiques de découverte dont nous n’avons pas encore fixé les dates.

*François Cheng, cinq méditations sur la beauté, Albin Michel 2006

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