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La Psychothérapie institutionnelle

Une nouvelle relation thérapeutique

L’expression « psychothérapies institutionnelle » *apparait  au  début des années 50.

À l’époque, selon Jean Oury, « les hôpitaux gardaient, en général, une structure concentrationnaire » L’élan presque fondateur, c’est la prise de conscience, chez certains membres des équipes soignantes, qu’ils se comportent avec les malades un peu comme les gardiens des camps avec les prisonniers. Il s’agit alors de modifier l’institution, la structure de l’établissement, pour modifier les rapports soignants / soignés.

La psychothérapie institutionnelle tente alors de « profiter au maximum des structures existantes afin d’essayer d’exploiter tout ce qui peut servir à « soigner » les malades qui y vivent »7. L’institution est intégrée au traitement et cesse d’être réduite à un lieu de soin et d’enfermement pour devenir un lieu qui ménage un espace de vie sans nier la spécificité de la folie.Comme le rappelle Jean Oury, « il est impossible de parler de la psychothérapie institutionnelle si on ne parle pas de la psychose, c’est inséparable de la théorisation que l’on fait, de façon permanente, de la psychose, de ce qu’on appelle la psychose ou les psychoses ; sinon cela n’a pas de sens »8.Le psychotique ayant un « transfert dissocié », il est nécessaire de lui proposer des possibilités multiples de transfert. Par conséquent, il faut alors la création de lieux, d’institutions variés, il faut assurer au patient la liberté de circulation, pour qu’il puisse aller d’un lieu à un autre. Dans le même esprit, les soignants ne sont pas recrutés spécifiquement dans le secteur sanitaire, certains sont artistes, agriculteurs. La « distinctivité » (Jean Oury) augmente d’autant. À la place d’un ensemble de personnel ayant la même formation, la même expérience, se trouvent des personnes ayant chacune un vécu propre. C’est autant de possibilités de points communs, de rencontres, et de transferts, pour les patients qui, dans leur immense majorité, sont issus d’un autre milieu que la psychiatrie. Avec la renommée grandissante de Félix Guattari, des philosophes et autres intellectuels vont s’engager dans le collectif soignantIl y a par ailleurs, et repris notamment de Hermann Simon, la volonté que le patient soit partie prenante, activement, de ses soins. Cela peut se traduire par un investissement dans différentes institutions organisant le lieu de soins (ateliers, clubs, prise en charge du ménage, etc.). En contrepartie l’établissement verse régulièrement une somme, évaluant le travail réalisé, à une association interne, regroupant les soignés et les soignants.

La psychothérapie institutionnelle, selon Jean Oury, tient au fait « qu’il n’est plus simplement pris en compte le patient, mais aussi le lieu dans lequel il vit, qu’il s’agit de lui permettre d’être actif, non pas simplement un objet de soins » et qu’« il faut traiter les autres comme des sujets, non comme des objets »9.

 

*Le Groupe de travail de psychothérapie et de sociothérapie institutionnelles est fondé en 1960 par François Tosquelles, Jean Oury, Roger Gentis, Horace Torrubia, Jean Ayme, Yves Racine, Jean Colmin, Maurice Paillot et Hélène Chaigneau, puis il est rejoint notamment par Félix Guattari, Ginette Michaud, Claude Poncin, Henri Vermorel, Michel Baudry, Nicole Guillet, Robert Millon, Jean-Claude Polack, Gisela Pankow et Jacques Schotte1.

Les lieux emblématiques en France sont : l’hôpital de Saint-Alban-sur-Limagnole (autour du Dr. François Tosquelles), les cliniques de La Borde (Dr. Jean Oury) et de La Chesnaie à Chailles (Dr. Claude Jeangirard).

 

 

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